Plongée dans l’un des projets les plus ambitieux du cinéma français des années 2000 : le diptyque Mesrine, réalisé par Jean-François Richet avec un Vincent Cassel totalement habité dans le rôle-titre.
Sortis respectivement en 2008, L’Instinct de mort et L’Ennemi public n°1 retracent la trajectoire explosive de Jacques Mesrine, ennemi public numéro un dans les années 70, braqueur, fugitif, provocateur… et figure controversée du grand banditisme français.
Mais au-delà du film de gangster, que racontent vraiment ces deux volets ?
Comment ces œuvres capturent-elles une époque tendue, violente, médiatisée à outrance ?
Pourquoi ont-elles suscité autant de débats, entre fascination et malaise ?
Et comment ce projet hors-norme a-t-il vu le jour, avec ses 33 semaines de tournage, son budget colossal de 45 millions d’euros et un casting XXL ?Entre extraits des films, interviews du réalisateur et des acteurs, making-of, archives télévisées et analyses, cet épisode revient chronologiquement sur la genèse, la fabrication et la réception critique de ce diptyque coup de poing.
Un podcast-documentaire de 27 minutes pour comprendre comment le cinéma français a redonné vie à l’un de ses personnages les plus sulfureux, sans jamais chercher à l’absoudre.
Résumé Mesrine : L’Instinct de Mort
Après la guerre d’Algérie — où il a participé à des interrogatoires musclés —, Jacques Mesrine (Vincent Cassel) retourne en France en 1959. Il vit alors chez ses parents. Alors que son père (Michel Duchaussoy) lui trouve un emploi honnête, Jacques fréquente petit à petit le milieu, grâce à son ami Paul (Gilles Lellouche). Ce dernier lui présent Guido (Gérard Depardieu), un criminel haut placé qui apprécie Jacques. Lors d’une escapade avec Paul en Espagne, Jacques fait la connaissance de la belle Sofia (Elena Anaya). Elle tombe rapidement enceinte et ils se marient en 1961. Elle donne naissance à une fille, Sabrina. Ils auront deux autres enfants, Bruno (né en 1964) et Boris (né en 1966). Mais malgré la vie de père, Mesrine ne se range pas, au grand désespoir de Sofia, qui finit par demander le divorce en 1965. Les enfants restent alors chez leurs grands-parents paternels.
Mesrine fait ensuite la rencontre de Jeanne Schneider (Cécile de France). En 1968, il est obligé de fuir et part au Canada avec elle. Sur un chantier, Mesrine fait la connaissance de Jean-Paul Mercier (Roy Dupuis). En France, Paul et Guido se font assassiner par des policiers. Voulant gagner leur vie plus honnêtement, Jacques et Jeanne se font engager par un riche châtelain (Georges Deslauriers dans la réalité). Après un quiproquo avec le jardinier du milliardaire, ils sont renvoyés. Ils vont alors séquestrer le vieil homme, en échange d’une rançon. Mais il parvient à s’échapper. Poursuivis au Canada, ils se font finalement arrêter à la frontière de l’Arizona puis extrader vers le Canada.
Les médias canadiens commencent à parler d’eux et Mesrine, toujours avide de provocation, lance face au caméras « Vive le Québec libre ! ». Alors que Jeanne prend 5 ans, Jacques Mesrine est condamné à 10 ans. Il est incarcéré dans une unité spéciale de correction où il suit un traitement difficile à base de privation de sommeil et d’isolation. Une fois sorti du mitard, il y retrouve Jean-Paul. Les deux hommes planifient rapidement leur évasion, qui a lieu à l’été 1972. Après quelques braquages de banques au Québec, ils font un retour tonitruant aux abords de leur ancienne prison de Saint-Vincent-de-Paul pour tenter de faire évader certains de leurs anciens codétenus, sans succès. Jacques parvient ensuite à contacter Jeanne, toujours incarcérée. Il tente de la convaincre de s’évader mais cette dernière refuse et rompt avec lui par téléphone.
Alors que Jacques et Jean-Paul s’entrainent au tir à Saint-Louis-de-Blandford, ils sont surpris par deux gardes-chasse. Ces derniers sont tués lors de l’échange de coups de feu. Alors que Mesrine rentre ensuite en France, Jean-Paul Mercier sera abattu par la police canadienne lors d’un braquage en octobre 1974.
Casting
- Vincent Cassel : Jacques Mesrine
- Cécile de France : Jeanne Schneider
- Gérard Depardieu : Guido
- Gilles Lellouche : Paul
- Roy Dupuis : Jean-Paul Mercier
- Elena Anaya : Sofia (inspirée de Maria-Soledad Ortiz)
- Florence Thomassin : Sarah
- Michel Duchaussoy : le père de Mesrine
- Myriam Boyer : la mère de Mesrine
- Abdelhafid Metalsi : Ahmed, le proxénète
- Gilbert Sicotte : le milliardaire (inspiré de Georges Deslauriers)
- Deano Clavet : Roger André
- Ludivine Sagnier : Sylvie Jeanjacquot
- Mustapha Abourachid : le harki
- Leïla Bekhti : la fille du fellaga
- Sabri Lahmer : Gégé
- Manuela Gourary : Mado
- Affif Ben Badra : le client énervé
- Frankie Pain : Lulu
- Jean-Claude Leguay : Tabacoff
- Louison Blivet : Sabrina à 5 ans
- Guilhem Pellegrin : le notaire
- Caroline Ferrus : Maggy
- Jeff Boudreault : l’officier de l’immigration
- Dominique Loiseau : le tueur
- Christian Bordeleau : un journaliste de l’aéroport
- Christine Bellier : une journaliste de l’aéroport
- Guy Thauvette : le directeur de l’USC
- Christine Beaulieu : Lizon
- Luc-Martial Dagenais : le directeur de la banque
Résumé Mesrine : L’Ennemi public n°1
2 novembre 1979 à Paris, le commissaire Robert Broussard de la BRI est interviewé par des journalistes prêt de la dépouille de Jacques Mesrine. Il précise qu’il n’y a eu aucune bavure et que l’opération était une collaboration avec l’OCRB.
8 mars 1973. Jacques Mesrine est en comparution immédiate et est interrogé sur plusieurs complices, comme Michel Ardouin, avec lequel il a commis plusieurs braquages. Il est présenté devant un juge à Compiègne, mais il parvient à s’évader après voir pris le juge en otage, grâce à une arme cachée dans les toilettes par Ardouin, qui le récupère ensuite à bord d’une voiture. Blessé par balle, Mesrine se réfugie dans une maison à la campagne où un complice nommé Robert lui apprend que son père est gravement malade. Déguisé, il se rend à son chevet à l’hôpital. Jacques le quitte après des retrouvailles émouvantes. Lors des obsèques de son père, la police surveille les lieux.
Septembre 1973. Mesrine et Ardouin rencontre un ancien boxeur qu’ils engagent comme chauffeur pour un casse de banque. Mais le véhicule, volé pour l’occasion, est repéré par une patrouille de police. Une fusillade éclate, suivie d’une course-poursuite dans les rues de Paris. Jacques et Michel parviennent à s’échapper en métro. Ils se brouillent sur le choix du chauffeur qu’avait validé Jacques et partent chacun de leur côté.
Plus tard, le commissaire Broussard et ses hommes cernent l’immeuble de Mesrine, qui est au lit avec sa petite-amie. Le commissaire somme le braqueur de se rendre. Ce dernier lui demande une faveur avant de l’arrêter. Mesrine se rend finalement mais fait le show et provoque les forces de l’ordre en sortant notamment du champagne. Il est ensuite incarcéré à la prison de la Santé. Derrière les barreaux, Mesrine fulmine de ne pas faire la une des médias, alors plutôt concentrés sur Augusto Pinochet. Le braqueur se lance alors dans l’écriture d’une autobiographie fortement romancée, L’Instinct de mort. Publié en 1977, l’ouvrage provoque la colère de son avocate et intéresse la justice car Mesrine y annonce de nombreux crimes. Au parloir, il retrouve ensuite sa fille Sabrina, désormais adolescente. Il lui demande des nouvelles de ses frères Boris et Bruno et semble très touché de ne plus pouvoir voir ses enfants en dehors de la prison.
Mesrine participe ensuite à un procès, où il est jugé aux côtés notamment de complices comme Michel Ardouin et Michel Grangier. Il fait à nouveau le spectacle et provoque le juge, l’avocat-général et le commissaire Broussard, sous les yeux de sa fille Sabrina. Mesrine fait rire les personnes présentes dans la salle et prétend voler les banques qui, selon lui, volent bien plus que lui. Il annonce même qu’il s’évadera à nouveau. Il est alors condamné à 20 ans de prison.
Mars 1978. À la prison de la Santé, Mesrine fait la connaissance de François Besse, autre spécialiste de l’évasion. Mesrine y est respecté de tous et les gardiens l’appellent même « Monsieur Jacques ». Grâce à des complices et à son avocate qui lui a fourni des armes, Mesrine parvient à s’évader avec Besse et un autre détenu, qui se fait finalement abattre.
Quelque temps plus tard, à Deauville, Mesrine et Besse se font passer pour des policiers dans un commissariat pour prendre connaissance des effectifs présents sur place. Ils se rendent ensuite au casino où ils prétendent enquêter sur un trafic de faux billets. Ils forcent ensuite le directeur à ouvrir le coffre. Besse est touché à la jambe lors d’une fusillade avec la police. La voiture qu’ils ont volée pour s’enfuir tombe en panne. Alors que des pelotons de gendarmerie sont à leurs trousses, ils se réfugient chez une famille de paysans dans l’Eure. Ils parviennent à déjouer les barrages en se cachant dans le coffre de la voiture de la famille. Mais tout le pays est en alerte et l’armée participe activement aux recherches, sans résultats. De retour à Paris, Mesrine fait la connaissance de Sylvia Jeanjacquot, qui devient rapidement sa petite-amie.
Juillet 1978. Jacques Mesrine se fait interviewer par une journaliste, en échange d’une belle somme d’argent. Un photographe immortalise l’échange où il provoque comme à son habitude. Il annonce alors vouloir faire fermer les quartiers de haute sécurité français.
Réfugié à Londres avec Sylvia et Mesrine, François semble de plus en désaccord avec les projets de Jacques et ses nouvelles idées révolutionnaires. Ainsi, François ne participe pas à l’enlèvement un riche propriétaire, Henri Lefèvre, dans la Sarthe en juin 1979 (Henri Lelièvre dans la réalité). Avec son complice, Mesrine apprend alors que François a été arrêté en Belgique.
Inspiré par les Brigades rouges, Mesrine est de plus en plus politisé et révolté. Celui que la presse surnomme « l’ennemi public numéro 1 » renoue avec Charlie Bauer, un révolutionnaire d’extrême gauche, rencontré en QHS. Les deux hommes organisent en septembre 1979 une rencontre avec Jacques Dallier (Jacques Tillier dans la réalité), journaliste de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute. Mesrine tabasse le journaliste, qui l’avait dénigré dans ses articles, et le laisse pour mort. Mesrine prend des photos et les envoie à la presse. La tension est alors à son comble autour de Sylvia et Jacques. Ce dernier, sentant la menace venir, enregistre un message sur cassette audio pour sa petite-amie (« Si tu écoutes cette cassette, c’est que je suis dans une cellule dont on ne s’évade pas. »).
Le 2 novembre 1979, le commissaire Broussard et ses hommes surveillent de près Sylvia et Jacques. Très méfiant, le couple sort avec prudence de son domicile de la rue Belliard et monte ensuite à bord de la BMW 528i marron de Mesrine. Un important dispositif policier est mis en place par la BRI. Les policiers suivent le couple jusqu’à la porte de Clignancourt où des hommes postés à l’arrière d’un camion bâché tirent de nombreuses fois sur Mesrine, tué sur le coup. Sylvia est touchée mais sauve, alors que Broussard arrive sur les lieux.
Casting
- Vincent Cassel : Jacques Mesrine
- Mathieu Amalric : François Besse, dit l’« Anguille »
- Ludivine Sagnier : Sylvia Jeanjacquot
- Samuel Le Bihan : Michel Ardouin, dit le « Porte-avions »
- Anne Consigny : l’avocate de Mesrine
- Olivier Gourmet : le commissaire Broussard
- Gérard Lanvin : Charlie Bauer
- Georges Wilson : Henri Lefèvre (inspiré de Henri Lelièvre)
- Michel Duchaussoy : le père de Mesrine
- Myriam Boyer : la mère de Mesrine
- Fanny Sidney : la fille de Mesrine à 16 ans
- Alain Fromager : Jacques Dallier (inspiré de Jacques Tillier)
- Laure Marsac : la journaliste
- Hervé Laudière : Daniel, le fermier de l’Eure
- Françoise Le Plénier : la femme de Daniel
- Antoine Chopin : le fils de Daniel
- Arsène Mosca : Jojo, un policier
- Jérôme Boyer : un gendarme du barrage
- Nicolas Abraham : Grangier
- Christophe Vandevelde : Gégé, un policier
- Luc Thuillier : le commissaire de l’OCRB (Lucien Aimé-Blanc dans la réalité)
- Pascal Elso : le commissaire SRPJ
- Isabelle Vitari : la caissière
- Michaël Vander-Meiren : un gendarme à Compiègne
- David Seigneur : un gendarme à Compiègne
- Alain Doutey : le président du tribunal de Compiègne
- Joseph Malerba : Robert
- David Bursztein : le tireur d’élite gradé
- Héléna Soubeyrand : la copine de l’arrestation
- Fabrice de La Villehervé : le gardien chef
- Jean-Luc Muscat : un gardien à la Santé
- Martial Courcier : le complice enlèvement
- Christophe Favre : Un journaliste d’Antenne 2
- Olivier Barthélémy : le codétenu de l’évasion à la Santé (Carman Rives dans la réalité)
- Clémence Thioly : “Princesse” Christiane
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